DOLO NI WORO KEZAKO ?

Ce blog fût destiné à retracer auprès de nos proches et amis le quotidien de nos séjours respectifs en Afrique de l'Ouest fin 2008.

Pour Nico et moi, Il s'agissait d'une errance à vélo à travers le sahel du Mali au Burkina-Faso.

Pour Zane, allez voir sur la page web de Zane.

dimanche 30 novembre 2008

MASSIF GARMI-HOMBORI

Samedi 22 novembre

Afin de se remettre en jambe pour l'escalade qui nous attend les jours suivants, on part pour faire l'ascension du Hombori Tondo, point culminant du Mali avec ses 1155 m. C'est une rando très sauvage avec une assez longue partie d'escalade facile (IV max) en via cordata , c'est à dire avec un câble en main courante sur lequel on peut se vacher (s'attacher).
Au 3/4 de la marche d'approche, Nico se tord la cheville. Ce n'est pas du tout rare pour lui, mais c'est de mauvaise augure pour la suite du programme. Il rentre bon en, mal en chez Koli et me laisse poursuivre seul. L'ascension se déroule tranquillement sur une face plein sud sous un soleil de plomb. L'ombre des quelques arbres et grottes de la falaise m'apporte une fraîcheur bien salvatrice. Sur le plateau du Hombori, la nature est à l'état sauvage et ma route croise celles de caméléons, margouyas, araignées, poules sauvages et marmottes locales. Je dois bien avoué que je me suis aussi pas mal débattu dans la prairies sèches de hautes herbes, d'épineux et de cram-cram terriblement accrochant et piquant.
Au petit soir je retrouve Nico au repos chez Koli et on fait connaissance avec 3 chercheurs français et italien (1 géographe, 1 sociologue et 1 anthropologue) qui travaillent sur l'évolution des ethnies locales et de leurs parcours de migration en relation avec l'assèchement du sahel. Dans la soirée, nous partageons longuement une discussion nourrie et intéressante autour des verres de bières de Koli.

Dimanche 23 / Lundi 24 novembre

Nous partons à Daari (12 km), au campement Buntguije niché au pied des aiguilles de Garmi (Main de Fatima). Bien que très sommaires, il est magnifié par la splendeur des lieux, par les récits de l'intarissable Salvador Campillo et par la gentillesse de Mania, son épouse peul.
Salvador, guide de haute montagne en Espagne a accumulé depuis une 30aine d'années un nombre incalculable de topos de voies d'escalade ouvertes en grande partie par lui dans les massifs de Hombori, Boni et Dyoundé. Ce petit homme, chétif, la clope au bec, un peu bedonnant au tein brulé et grisâtre à la fois, me fait un peu penser à Gainsbourg... On sent dans son regard pétillant, une curiosité immense et une culture sans fond nourrie de 10aines et 10aines de voyages à travers le monde. Mais dans le campement de sa femme, il est là, disponible comme un vieux traînant au café du quartier et toujours prêt à raconter ses histoires, anecdotes, blagues ou à donner ses conseils pour la voies du lendemain. Il connaît les voies par coeur, pas après pas !
Nous rencontrons également chez Mania un groupe de grimpeurs français : Gilles, guide des alpes du sud qui s'est méchamment abîmé la cheville lors d'une mauvaise chute la veille, son amie jeune médecin Karine, et 4 jeunes secouristes montagnes qui se sont régalé à gérer l'accident de Gilles en ces lieux sans service de secours.
Nous dînons avec eux, mais Nico, en plus de sa cheville, commence à ressntir des douleurs abdominales. Comme Gilles est également HS pour grimper, Karine et moi partons le lendemain pour réaliser 2 voies sur les conseils de Salva : journée de grimpe à l'ombre plus que sympa pour nous alors que nos compères restent au repos chez Mania.

samedi 29 novembre 2008

bilan mi parcours

bonjour a tous
je profite d'etre sur yaoundé pour vous faire parvenir quelques nouvelles.
La bibliothèque est bien lancée : elle a beaucoup de succès auprès des petits comme des grands. Les besoins sur place sont énormeS § En trente ans la commune n'a connu que trés peu d'évolution ... La route commence juste à se faire : des machines ratissent les sentiers de terre battue. L'eau il faut la puiser au puit et cela nécessite de faire parfois plusieurs kilomètres. L'electricité reste rare et quand les maisons l'ont elles est souvent interrompu à plusieurs reprises au cours de la journées à cause des pluies ou d'un manque d'entretien réguliers. C'est terrible de constater de si grandes différences entre la vie des enfants ici et celle des enfants dans les pays occidentaux.
En ce qui concerne les colis : mauvaise nouvelle !!!! Ils n'arriveront que le 12 décembre au lieu de 4 décembre. Le 12 décembre c'est la date de mon départ ! Donc le maire de Ngomedzap et Dieudonné se chargeront de les réceptionner au port de Douala et de les acheminer au village. Une fois sur place c'est Mélissa et Jordan les 2 bgénévoles belges qui se chargeront de les trier étiqueter tamponner et ranger ... autant vous dire qu'ils vont avoir bcp de travail étant donné qu'ils partent le 19 décembre et qu'ils vont recevoir un autre colis de belgique.
je vous fais de gros bisous çà tous
Moi je pars avec toute l'équipe de bénévoles à Kribi pour 3 jours !!

mercredi 26 novembre 2008

LIAISON BOBO - HOMBORI

Jeudi et vendredi 21 novembre

Ça y est, on quitte Bobo et le Faso. L'heure du départ de notre minibus (17 h) approchant, on se dirige vers les locaux de notre compagnie de transport. Là, une personne nous explique que nôtre minibus ne partira pas d'ici et nous mène vers un autre point de départ. Cette nouvelle compagnie nous demandera 2 x 2000 cfa supplémentaire pour nos bagages alors que l'on a déjà payé 2 x 7000 cfa de billets + 2 x 2000 pour les vélos... bien évidemment, tout çà est non négociable !
Ah, ils sont au point les lascars quand il s'agit de commerce ! Bref, on assiste au très long (sur)chargement du vieux minibus tout rouillé et rafistolé... et le départ se fait finalement après 19 h.
La carlingue est plus qu'incomfortable avec ces banquettes bricolées en ferraille. Même sur le goudron, c'est un sacré tape-cul... la nuit promet d'être longue ! Passé la frontière, notre engin quitte le goudron pour une raison inconnue et s'engage sur une piste de latérite défoncée : c'est clair, la nuit sera longue et difficile !
A 10 h du matin on retrouve le goudron avec la gare routière de San. On y apprend que le détour par la piste était destiné à éviter les douanes postées aux entrées et sorties des villes car certaines cargaisons de notre toit étaient susceptibles d'être taxer ou confisquer... on est saura pas plus. On arrive à Sévaré vers 12 h après une formidable nuit blanche. De suite notre programme reprend : aller chercher le matos de grimpe à l'Harmattan Solidaire, y laisser nos achats de Bobo, prendre un café avec Yannick et discuter de la crise qui sévit. Puis direction la gare routière de Sévaré pour chercher un bus pour Hombori. La fatigue aidant, comme à Bobo, on se fait plus ou moins entuber sur les billets et comme à Bobo, le départ se fait à 18 H au lieu de 16 H... Une différence notable cependant : cette fois c'est un vrai bus !
300 km plus loin on débarque vers 23 h à Hombori. A moitié endormis, on charge les sacoches sur les vélos, on expédie les porteurs qui nous attendaient et on file se coucher fissa au campement Mangou Bagni, chez Koli Sissoko, seul catholique de Homori et seul vendeur de bière de la région !

mercredi 19 novembre 2008

DE PASSAGE A YAOUNDE ...

Je suis a Yaoundé pour faire quelques courses et je repars à Mkolonbong dans l'après midi. C'est là ou on est hébergé, c'est un paté de maison à 7 km de Ngomedzap.
La bibliothèque monté par l association Grain d Espoir a beaucoup de succès, aussi bien auprès des petits que des grands ... Le menuisier du maire nous fabrique des étagères, des tables et des bancs. Et on aménagera bientôt dans un batiment de la commune.
J'aide également une bénévole belge, Melissa, sur son projet "Centre de loisirs" : nous fabriquons quelques jeux avec des bouts de cartons et nous proposons des animations autour de la musique, du sport...
Je suis en train de négocier avec un instituteur de CM un projet de correspondance scolaire avec les écoles de Biganos !!! A Ngomedzap ils ont l'air bien partant...
Marie Anne

BOBO-DIOULASSO

Du lundi 17 au jeudi 20 novembre

Ces quelques jours de repos se déroulent tranquillement. Bobo est une ville très agréable avec un passé colonial qui reste bien présent dans l'architecture et l'urbanisme avec ces rues bien larges et ombragées par de très nombreux arbres, un boulevard périphérique, une gare et de nombreux commerce 'occidentaux'... y'a même un supermarché ! On s'est offert une bouteille de Merlot du Languedoc pour se changer un peu la gastronomie locale le temps d'un repas. Sinon au quotidien on mange pour 500 à 1000 cfa/pers et c'est bon... alors autant vous dire qu'on a ranger le réchaud ! On peut également trouver des restos à prix européens (10 à 20000 cfa) mais c'est vraiment pour les businessmen africains ou pour les touristes paranoïaques de l'hygiène et de la tourista (qui nous épargne jusqu'à présent).
Notre petit hôtel-campement, le 'Casa Africa' est un petit coin de verdure pas chère où l'on croise des personnes intéressantes et sympathiques. Il n'y a que 5 chambres ; et pour pensionnaires : nous, un vieux routards qui s'est installé dans le quartier (il passe ces journées ici) et un couple de français plutôt roots et dreadlocks. Mais hier soir, en rentrant se coucher, on a trouvé la petite cour pleine d'une douzaines de tentes pour une trentaines de britanniques, irlandais et canadiens en route pour le Cameroun avec le camion le mieux adapté pour le désert, qu'on puisse trouver sur terre... style vaisseau spatial pour vivre en autarcie en contrées inconnues !
Durant nos journée à flâner dans Bobo, on fait beaucoup (trop) de rencontres de toutes sortes : de la plus amicale et sincère à la plus intéressée... Le problème c'est qu'à force de traîner en ville pour chiner auprès des artisans et des revendeurs d'instruments de musiques (kora, djembé, balafon) et autre souvenirs, on fini par être connu de tout les revendeurs de Bobo qui se passent le mot sur ce que tel blanc recherche et où il est déjà allé : ce matin je recherchais un goni ou une kora et, alors que Nico était lui sur le marché pour se faire tailler des chemise, un gars est venu lui dire : "Eh tu sais, y'a ton copain qui est en train d'essayer une kora au vieux quartier... Et toi tu veux pas voir les djembés ? Ah non ? Et les balafons ? Viens voir les balafons ! Juste pour le plaisir des yeux !"... La palabre est ensuite inévitable, car si tu comptes acheter , il faut "discuter" (une matinée entière pour moi pour un goni), et si tu ne veux pas acheter il faut faire preuves d'arguments, batailler... Finalement même si on fini toujours par ne pas trop se faire emmerder, y'a pas : Faut discuter, palabrer, prendre le temps quoi ! Pour les curieux, on a quand même réussi à faire quelques bonnes affaires...
Demain on quitte la ville en fin d'aprèm pour un retour nocturne en minibus à Mopti-Sévaré... C'est là que l'aventure commence vraiment ! On s'attend à ce qu'on a pu voir sur les goudrons : un vieux camion pourri chargé de mob, paquetages et vélos sur le toit sur une hauteur de 2 m avec 25 personnes au lieu de 9 à l'intérieure et pourquoi pas en prime : une chèvre et quelques poules ! Bahbahbahbah on arrivera bien jusqu'à Sévaré... Quand ? Dans la matinée de vendredi 21 novembre Inch Allah ! Pour la suite du programme, on va essayer de prendre un bus pour Hombori : Le SECTEUR D'ESCALADE de l'Afrique de l'Ouest, et on reviendras tranquillement sur Mopti au fil des parois en finissant par une courte traversée du Pays Dogons.

PS : pour les photos les connexions sont trop lentes ici... on verra à Sévaré, sinon çà attendra le retour très prochain.

lundi 17 novembre 2008

BANFORA

Samedi 15 novembre

Depuis Sindou, une 50aine de km nous permettent d'atteindre le Lac de Tengrela qui occupe plusieurs 100aines d'hectares avec sa forêt humide. Il est réputé pour ses hippopotames qui se feront discrets en nôtre présence : en cette période de hautes eaux (la saison des pluies s'est achevées en septembre), ils restent à l'abris dans forêt humide. Les rives du lac sont propices aux balades au milieu de jardins, potagers et vergers. Nous campons sous un bosquet de manguiers dont la fructification est malheureusement largement passée.

Dimanche 16 novembre

En nous rendant aux chutes de Karfiguéla, nous passons à Banfora dont c'est le jour de marché. Nous faisons donc nôs emplettes dans une terrible effervescence qui nous découragera à rechercher le quartier des artisans-musiciens dont on nous avait parlé la veille.
Karfiguéla est le 3ième site après Sindou et Tengrela où on se fait taxer en bon touriste par des péages, campements et circuits guidés pseudo-obligatoires. Même si ça ne coûte jamais cher, ce fonctionnement commence sérieusement à nous exaspérer... Heureusement, Lassina, le gardien du parking payant (voiture ou vélo même combat) nous accueille très sympathiquement pour préparer notre salade avec les légumes du marché de Banfora. On la partage avec lui et il nous fait goûter le Tô de maïs à la sauce arachide. Contrairement au Tô de mil, celui-ci est une sorte de gâteau de semoule fait uniquement de maïs. On fini le repas avec une papaye du jardin de Karfiguéla.
Pour se rendre aux chute depuis le jardin, on emprunte une allée de manguiers centenaires parsemée de quelques Kapokier. Ce sont des arbres géant ressemblant aux baobab mais avec un tronc ramifié à la base.
On quitte le site le soir même pour se rapprocher un peu pour le lendemain sur la route de Bobo-Dioulasso. La piste qui nous permettra de rejoindre le goudron traverse une plaine cultivée pour la canne à sucre avec irriguation s'il vous plaît. La piste elle-même est 'cimentée' avec un espèce de sirop durci à l'odeur de cassonade issu de la fabrication... une route sucrée en quelque sorte !